« L’ Europe baroque selon Jacob van Eyck »

Dimanche 2 avril 2017 à 17h30

à l’église réformée du Bouclier

  • Aniella Zins, soprano
  • Marc Hervieux, flûte à bec
  • Jean-sébastien Kuhnel, luth, guitare et théorbe
  • Isabelle Feuillie, viole de gambe
  • Eva valtova, orgue positif et clavecin
  • Thomas Vandevenne, percussions

Le programme proposé par le Masque nous  plonge dans l’univers musical de Jacob van Eyck. Cet  illustre  carillonneur  de  la  cathédrale  d’Utrecht  laisse  une  prodigieuse  œuvre  pour  son instrument,  la  flûte  à  bec.  Témoin  de  son  époque,  il  a  collectionné  plus  d’une  centaine  de mélodies,  empruntées  à  des  auteurs  célèbres  comme  John  Dowland  ou  Etienne  Moulinié, d’autres entendues dans les rues ou dans les tavernes, des airs à danser, des hymnes, des airs de cour français, des  mélodies sur  des  psaumes  luthériens chantés à l’église, …   Devenu aveugle, ce virtuose  de  la flûte à bec dicte ces  airs  qui  sont  édités en  1646  dans  le recueil Der  Fluyten Lust-Hof,  où  se  croisent  le  populaire  et  le  savant,  le  profane  et  le  sacré.  C’est  du  haut  des beffrois que Jacob van Eyck jouait ces mélodies au carillon qui rythmaient la vie quotidienne en Hollande  au  17ème  siècle.  Les  mélodies  servaient  surtout  de  prétexte  à  une  technique d’ornementation et d’improvisation propre à la musique instrumentale de cette époque. A  partir d’une mélodie simple, van Eyck s’amusait à élaborer des variations en rythme croissant, donnant une  idée  du  niveau  d’aisance  technique  et  de  virtuosité  pratiquée  alors.  Les  musiciens  nous proposent d’entendre ces mélodies au moment où leur destin croise celui de Jacob van Eyck. Le programme  illustre  surtout  la  vitalité  et  la  mobilité  de  ces  mélodies.  En  effet,  chacune  d’elle recueille une infinité de sources,  d’abord vocales, dont la plupart sont  devenues à l’époque, en traversant  l’Europe,  de  véritables  « tubes ».  Par  exemple,  une  mélodie  peut  trouver  son  origine dans  un  air  de  cour  en  France,  se  parer  d’un  texte  sacré  en  Hollande,  convenir  à  l’écriture harmonique,  idiomatique  d’un  luth  ou  d’un  virginal  ou  être  utilisé  par  un  violon  et  une  basse continue.  C’est  grâce  au  travail  de  Ruth  van  Baak  Griffoen,  comparable  à  celui  d’un  détective explorant  les  ramifications  de  ce  répertoire,  que  ce  programme  a  pu  se  réaliser.  Nous poursuivons cette voie et continuons à croiser ces destins. Ce programme a d’abord été réalisé autour des airs de van Eyck. C’est à partir de ces pièces pour flûte que nous avons cherché les sources vocales préexistantes à l’oeuvre instrumentale du célèbre flûtiste aveugle.

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