Saison 2020-21

Dimanche 22 novembre 2020 à l’église St Pierre-le-Vieux

Dialogue insolite, “de Charles Dieupart à Johann Sebastian Bach”

Marc Hervieux, flûte à bec
Bogdan Nesterenko, accordéon de concert

Dialogue insolite

Après un disque autour des sonates pour flûte et basse de J.S. Bach et G.F. Haendel sorti en 2018, le duo insolite est de retour avec un programme de sonates en trio du même Bach, des extraits de la Suite pour flûte et orchestre et des Suites de Charles Dieupart.
Une curieuse rencontre ? On sait en effet que J.S. Bach connaissait la musique de C. Dieupart et a même copié l’intégralité de ses six Suites pour clavecin. Claveciniste, Charles Dieupart parti en Angleterre pour chercher succès et fortune a composé six Suites pour son instrument. A la fin du 17e et au début du 18e siècle, il y avait à Londres un grand nombre de flûtistes à bec et l’engouement pour cet instrument poussa Dieupart à transcrire ces Suites pour flûte à bec et basse-continue. On trouve dans ces Suites un cadre assez formel, avec une alternance de mouvements quasi systématique (Ouverture, Allemande, Courante, Sarabande, Gavotte, Menuet, Gigue) mais qui révèle à l’intérieur des pièces et danses d’humeur sensible et nuancée, avec une ornementation riche et ciselée.
Une rencontre inattendue entre les sonates de Bach et les Suites de Dieupart, mais avec cette même exigence d’un discours clair et d’une écriture contrastée au fil des mouvements.

Dimanche 7 février 2021 à l’église du Bouclier

Le Cantique des Cantiques à l’époque de Claudio Monteverdi

Aniella Zins, soprano
Marc Hervieux, flûte à bec
Jean-Sébastien Kuhnel, théorbe
Chantal Baeumler, viole de gambe
Yuki Mizutani, orgue positif

Le Cantique des Cantiques est une suite de chants qui célèbrent l’amour, l’amour entre une fiancée et son bien-aimé, mais on peut aussi l’imaginer comme une allégorie de l’Amour de Dieu et son peuple, entre l’homme et Dieu. Ces poèmes trouvent leur résonance surtout dans la musique italienne du 17e siècle où les sentiments et les affects y sont exacerbés. Nombreux compositeurs ont emprunté ces textes pour en traduire la richesse du lyrisme évoqué.
Les musiques d’Alessandro Grandi, de Dario Castello et surtout celles de Claudio Monteverdi contribuent à souligner l’extrême sensualité des poèmes et renforcer le pouvoir émotionnel du sentiment amoureux et de ses peines. A la frontière du sacré et du profane, ces chants qui célèbrent l’amour, le vin, les parfums, la nature dans le Liban biblique inspirent et offrent une grande liberté d’écriture et de caractère aux oeuvres chantées et jouées de ce programme.

Samedi 13 mars 2021 à l’église St Pierre-le-Vieux

Cantates et sonates de Georg Philipp Telemann

Frédéric Schwab, contre-ténor
Murielle Pfister, violon
Marc Hervieux, flûte à bec
Kevin Bourdat, viole de gambe,
Yuki, Mizutani, clavecin

Georg Philipp Telemann a laissé une oeuvre impressionnante dans tous les genres et dans tous les styles de musique, aussi bien pour les musiciens professionnels que pour les cercles amateurs ou les étudiants. Il a écrit pour les Cours, l’Opéra, l’Eglise et spécifiquement pour le “Service divin”. En effet, Telemann a composé plusieurs cycles de cantates selon un ordre liturgique très précis.
Lors de ce programme, nous entendrons deux cantates tirées de l’« Harmonische Gottesdienst » pour la voix d’alto, un ou deux instruments concertants et la basse-continue. La belle voix de Frédéric Schwab dialoguera avec la flûte et le violon dans des airs très contrastés, faisant alterner la légèreté au caractère plus méditatif. On entendra dans ces cantates une grande inventivité et un sens dramatique dans l’écriture. Des sonates en trio complèteront ce programme, rappelant à quel point Telemann connaissait avec précision à la fois les qualités expressives et techniques de chaque instrument. Certains mouvements de ces sonates sont inspirés du folklore polonais que Telemann a pu apprécier lorsqu’il était maître de chapelle en Haute-Silésie.

Dimanche 18 avril 2021 à l’église du Bouclier

Autour de l’Orpheus britannicus

Emma Gutierrez, soprano
Claire Secordel, flûte à bec
Marc Hervieux, flûte à bec
Kevin Bourdat, viole de gambe
Yuki Mizutani, orgue positif

C’est autour de la soprano Emma Gutierrez que l’ensemble propose un programme de musique anglaise consacré à des extraits de l’Orpheus britannicus, recueil d’airs d’Henry Purcell, publié à titre posthume à Londres en 1686 et en 1702. On y entendra des airs tirés de Fairy Queen, de Dioclesian, d’Indian Queen…. Influencée par la polyphonie de la Renaissance anglaise et par les styles français et italiens, l’œuvre de Purcell reste unique, singulière et attachante. Très jeune et pendant toute son éducation musicale, Henry Purcell a été en contact avec le Théâtre et la poésie, son œuvre en est toujours imprégnée. Transcendées par la langue anglaise, ces mélodies révèlent une puissance d’invention et une profondeur d’expression rarement égalée, comme le rappelle ce qui est écrit sur son épitaphe à l’Abbaye de Westminster.

Dimanche 27 juin 2021 à l’église St Pierre-le-Vieux

Alessandro Scarlatti, musiques concertantes à Naples

Aniella Zins, soprano
Marc Hervieux, flûte à bec
Murielle Pfister, violon
Yan Ma, violon
Kevin Bourdat, viole de gambe
Eva Valtova, clavecin

Alessandro Scarlatti est surtout connu pour ses opéras, composés pour le Théâtre San Carlo à Naples. Le célèbre mélomane Charles de Brosses disait de Naples en 1739 que « c’était la capitale du monde musical ». Mais Alessandro Scarlatti a également composé de nombreuses cantates, dont “Arianna”, une oeuvre pour soprano, deux violons et basse-continue. Cette cantate inspirée de la mythologie grecque conte le destin d’Ariane, princesse de Crète, qui après avoir aidé Thésée à sortir du labyrinthe et à vaincre le Minotaure tombe amoureuse de lui. Pendant son sommeil,Thésée l’abandonne, Arianna préfère se donner la mort, mais Bacchus la sauve et l’emporte dans les airs…
Cette cantate de chambre apparaît comme un petit opéra en miniature, apportant une dimension dramatique et théâtrale rares. Au programme également, des concerti pour la flûte à bec, deux violons et basse-continue écrits en 1725. Sonnant comme de la musique de chambre plus tardive, ces concerti pleins d’audace et de modernité offrent un bel équilibre entre les instruments.